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La plaine des brasiers.
Ouvrage daté du cycle du renouveau 765.
Texte tiré d'une curieuse page lousse insérée dans un tôme Nefertis de la bibliothèque de Fadinio
La porte des enfers fut pour plusieurs peuples l’objet de mythes et de légendes. Tout récemment, les hommes développèrent la méthode magique de voyager par les portails. C’est ainsi qu’ils découvrirent la plaine des brasiers.
Les premiers hommes à ériger ces portails étaient des spécialistes de la magie, des gens hautement spécialisés ayant chacun une maîtrise parfaite sur une des runes d’éléments. On les nommait les Narkis, soit les professeurs dans l’ancien langage des hommes. Ainsi, par leur coopération et leur travail acharné, le premier portail de l’homme vit le jours. Il fut ensuite maintenu ouvert pendant quatre ans avant même qu’une personne le traverse et sans même qu’une seule expérience ne soit tentée, car, telle était la prophétie. Ces années d’attente firent place à un débat de taille qui divisa les Narkis. Celui-ci portait sur lequel des six traverserait le premier la porte. Les plus jeunes et ambitieux voulait y aller eux même, les autres, plus vieux et plus sage voulaient envoyer une tierce personne, gardant ainsi les spécialistes en place pour pouvoir réagir dans l’éventualité où le Portail se déstabiliserait suite à la traversée. Une décision fut prise quelques semaines avant l’échéance des quatre ans, et il fut entendu que les Narkis enverrait leurs apprentis, soit les plus doués de leurs élèves, ceux qu’on nommait les Narkus dans l’ancien langage des hommes.
C’est ainsi que, mains dans la main, les six jeunes Narkus traversèrent l’écran de brumes qui obstruait le portail. Si seulement les hommes avaient su. De notre point de vue, nous les héritiers avions libre regard sur ces émissaires humains. À l’époque, nous n’avions pas le mandat de la haute magistrature d’intervenir dans les voyages et l’ouverture de nouveaux portails. Observer et documenter était notre rôle à l’époque. C’est ainsi que nous notions le premier passage des hommes dans la plaine des brasiers :
Document sept du livre des voyages non accidentels, cycle du zénith, Cosmos du lys.
En ce 177ème jours du cycle du zénith, un nouveau portail vers la plaine des brasiers s’ouvre, le premier depuis l’échec du portail mécanique des Bimutiens. Les Narkus, ces hommes venu d’une planète primitive du cosmos du lys, sont des gens de risques. Normalement, les voyageurs ont la science pour ne pas succomber à la torride chaleur et à la démence inhérente de ce plan. Mais pas cette fois-ci. Ces hommes on à peine le temps d’incanter une protection contre le feu et de guérir leur brûlures une fois dans la plaine. Certes l’approche magique a ses avantages. Mais aucunement ces Narkus ne peuvent se protéger de la démence du brasier.
En ce 178ème jours du cycle du zénith, en quelques heures, le sénilisme s’installe chez ces hommes et les créatures des brasiers sont déjà en chemin pour profiter de ce moment de faiblesse et conclure le pacte qui inévitablement scellera la destruction de leurs âmes. La petitesse de l’homme est ainsi confirmée. L’homme, malgré son approche originale ne sera pas des peuples voyageurs, du moins pas pour l’instant.
L’histoire qui s’en suit n’est pas connue des hommes actuels, seul nous les héritiers en connaissent les moindres détails. Les Narkus, leurs âmes détruites hantés par la démence, ne disparurent pas. Ils demeuraient dans le brasier dans l’éternelle souffrance des tortures que les créatures du brasier leur faisaient subir. Jusqu’au jour ou un des Narkus, celui que les créatures avaient nommé Nergis, eu un soupçon de lucidité et offrit aux créatures d’innombrables victimes à martyriser. Intriguées et alléchées, les créatures écoutèrent le pacte de démence que proposait cet apprenti.
Je vous ouvre dès demain une porte vers un monde où vous pourrez hanter et détruire tout, laisser les autres Narkus m’aider, et ce n’est pas six hommes que vous tourmenterez, mais des millions.
Étant soudainement libérés, les Narkus tentèrent un Portail. Ouvrir le Portail était simple, c’est d’imposer sa destination qui était complexe. Mais Nergis n’avait pas besoins de destination précise, n’importe laquelle suffirait.
Le premier Portail des Narkus s’ouvrit sur le monde aride des Kepsuliens, à l’époque où ils érigeaient les premières grandes statues d’ambre. Cette brèche fut un délice pour les créatures du brasier, qui s’infiltrèrent sans merci dans ce monde pour l’anéantir. Le plan d’existence des Kepsuliens devint ce jour là, le deuxième enfer et les Narkus eux devinrent des démons. Et oui des démons, car, dans la plaine des brasiers, ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, c’est la corruption qui accorde du pouvoir.
Les Narkus ouvrirent ensuite sept autre Portails, détruisant ainsi mondes et peuples, et gorgeant leurs êtres d’une puissance absolue. Les neufs enfers se créaient ainsi, sous nos yeux. Mais nous, les héritiers, n’avions toujours comme devoir que de décrire et documenter.
Le pouvoir et la démence semblaient prendre des proportions sans limites pour ces Narkus, rien ne semblait pouvoir les arrêter. Jusqu’au jour où Malator vint. Un homme, un autre, un jeune, sans armes, vêtu de simple tissus, apparut d’un portail qui ne semblait pas être magique, qui semblait n’être alimenté que du pouvoir de sa volonté pure. Il défia les Narkus en en vaincu cinq en les cristallisant de sa dévotion. Il tenta de faire de même avec le dernier, Pyro Narkus, mais celui-ci avait acquis trop d’énergie du brasiers, et la crystallisation ne fut qu’incomplète. Malator fit alors la promesse à son dieu de garder en sa possession, les crystaux, et d’être le gardien des Portails. Ainsi seul, Pyro Narkus ne pouvait ouvrir de nouveaux portails, et ceux déjà ouverts était de près gardés. La petitesse de l’homme se devait de nous surprendre finalement.
Pyro Narkus réussi sans trop de succès à faire quelques prisoniers en exploitant certaines brèches que le gardien ne pouvait en tout temps surveiller. Il fut plus tard détruit lorsqu’il fut invoqué par de puissants mages. Malator quitta peu de temps après retournant dans son monde pour des raisons qui ne sont pas claires pour l’instant. Le brasier fut ainsi laissé seul à cet intouchable prisonnier de PyroNarkus, celui que le démon nommait l’irréductible.
L’ère de Paladine débutait en ce jour. Nous, les héritiers savons bien entendu la suite, mais vous la raconter serait devancer le temps, et nul n’a jamais osé à ce jour le faire.
Hortgard Khhol
Héritier, vigie du cosmos du lys.
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