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Les obélisques de cyan.
Ouvrage daté du cycle du renouveau, 765.
Il ne s’agit que d’un conte pour les enfants et il est difficile de partager le vrai du faux, mais j’espère que ce récit pourra vous être d’une quelconque aide. Comme je n’ai pas entendu cette histoire depuis au moins 120 ans, j’espère que je saurai m’en souvenir en entier.
On raconte qu’il a de cela très très longtemps, il y avait un jeune elfe du nom de Maximyl qui vivait parmi les siens une vie bien paisible. Les jours se suivaient les uns comme les autres, et très peu d’évènements venaient troubler le quotidien des elfes. Ces derniers, bien protégés par la forêt dense, étaient devenus trop confiants et trop sûr d’eux. Comme nulle menace ne semblait pouvoir les atteindre, ils se mirent à perfectionner les arts aux points d’en devenir prétentieux et narcissiques. Les elfes d’un naturel chaleureux devinrent acariâtres et refermés sur eux-mêmes. Avec le temps, la forêt qui était en si étroite communion avec les elfes depuis toujours, s'était densifiée et resserrée, isolant les elfes et faisant de leur ville une cité tapis dans l’ombre des feuillages, là où les rayons du soleil ne se rendaient plus. Se faisant, les elfes oublièrent même l’existence du soleil et cessèrent de prier Cyan.
Maximyl, qui était alors encore tout jeune et avide de connaissance, apprit tout ce qu’on voulait bien lui enseigner. Il apprit le maniement des armes, les secrets de la nature et les mystères de la magie. Néanmoins, il sentait dans son cœur que quelque chose manquait. Il allait souvent s’asseoir seul dans les arbres, écoutant la complainte du vent entre les branches et se demandant ce qu’il pouvait bien y avoir au-delà de cette dense végétation qui les entourait de tous les côtés.
Un jour, il entendit le chant d’un oiseau qu’il n’avait jamais entendu auparavant provenant du sommet des arbres. Personne ne montait vraiment dans les arbres qui semblaient n’avoir pas de fin. Attiré par le chant magnifique, il décida ce jour-là de grimper et d’aller voir plus haut. Il grimpa, et grimpa, et grimpa, sa montée étant de plus en plus difficile alors que les branches se multipliaient et semblaient vouloir bloquer son ascension. Il aperçut à travers le feuillage quelque chose briller. Il continua de plus bel sa montée, et alors qu’il écartait de toutes ses forces la dernière branche, il fut soudainement aveuglé. Il baignait dans une pure lumière blanche tout autour de lui et il sentait son être se remplir d’une chaleur nouvelle. Le chant qui l’avait attiré était maintenant tout près, et tandis que ses yeux s’habituaient à la lumière vive, il vit devant lui, se tenant sur une branche, un magnifique cheval blanc avec des ailes qui avaient l’air d’être faites de flammes. Il s’approcha, et monta sur le dos du cheval qui s’envola aussitôt. Le cheval volait à toute allure vers le ciel, fonçant vers le soleil à une vitesse telle, que Maximyl pouvait sentir la chaleur de l’astre solaire augmenter à chaque instant.
C’est alors qu’il entendit pour la première fois la voix de Cyan lui parvenir. Il avait été choisit pour sortir les elfes de la noirceur et leur rappeler la voix du Dieu du soleil. Mais pour cela, ils devaient lever les yeux vers le ciel et voir le soleil à nouveau, pour retrouver sa chaleur oubliée. Tandis que le cheval continuait sa montée vertigineuse, la chaleur devenait de plus en plus insupportable et la voix de Cyan devenir de plus en plus forte. Maximyl sentit ses forces le quitter et son esprit s’embrouiller, et alors qu’il glissait sur le côté et tombait du cheval, il entendit la voix de Cyan une dernière fois : « Tu seras ma voix Maximyl et je vous guiderai. Tant que ton peuple suivra la voie de Cyan, je saurai vous protéger… »
Et Maximyl se mit à tomber dans le vide pour ce qui parut une éternité…
Lorsqu’il revint à lui en sursaut, il gisait sur le sol couvert de mousse près d’un arbre. Un instant, il crût à un rêve et qu’il était tombé de l’arbre alors qu’il s’était endormi. Il se releva et c’est là que son regard se posa sur 4 plaques en or qui se trouvaient près de lui. Sur chacune d’elle, un soleil, et dessus, des écrits. Le message de Cyan à son peuple…
Maxymil n’eut alors plus aucun doute sur la marche à suivre et il alla directement parler à son peuple, mais personne ne voulait le croire. Ils avaient oublié depuis trop longtemps et leur cœur était froid. Il leur dit de regarder vers les cieux, mais les arbres les en empêchaient…Mais il avait confiance en Cyan et ils savaient qu’ils ne les abandonneraient pas. Cette nuit-là, un grand incendie se déclara dans la cité elfique. Néanmoins, cela n’avait rien d’un feu de forêt ordinaire, car malgré le brasier qui faisait rage au sommet des arbres, jamais les flammes ne se propagèrent vers la ville plus bas et tous dormirent paisiblement cette nuit-là.
Au matin, le feu avait laissé un grand trou dans les arbres. Et pour la première fois depuis bien trop de lunes, les rayons du soleil balayèrent la ville de Maxymil. La puissance du soleil réchauffa les cœurs de habitants qui étaient tous sortis de leur maison pour observer ce miracle. La mémoire des anciens s’illumina à nouveau et les plus jeunes ne purent s’empêcher de sourire. Une joie nouvelle envahit tous les habitants ce matin-là. Maximyl prit les plaques d’or, monta sur la plus haute des branches qui avaient survécu au brasier et s’adressa au peuple. Il leur dit que le temps de la noirceur était terminé et qu’il était à nouveau l’heure de reconnaître la puissance de Cyan. Il leur lut chacune des plaques pour que tous sachent qu’elle était la marche à suivre et ils entreprirent de construire, là où le feu avait permit au soleil d’entrer, un Temple à la gloire de Cyan. On y construisit 4 gigantesques obélisques à la base desquelles on mit les 4 plaques d’or. Ainsi, les écrits de Cyan resteraient à jamais les fondements de leur société, et sa puissance garderait le Temple debout pour les millénaires à venir…
Furianne Nashalgashi
Prêtresse d'Eséus le Rouge.
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